La Conférence des Chiens

Création 2015

Considérations générales :

Dans certaines situations violentes où se dissolvent les liens de solidarité entre êtres humains, en particulier dans les guerres, il arrive qu’un animal prenne le relais pour perpétuer des comportements que nous sommes habitués à considérer comme strictement liés à des « valeurs humaines ». Un exemple : pendant le génocide au Rwanda, deux petites filles se cachent dans une maison. Les meurtriers sont là. Ce sont des voisins. Ils connaissent la famille. Ils savent qu’il manque deux fillettes sur leur liste. Ils lancent un chien à leur recherche. Le chien découvre la cachette, mais plutôt que d’aboyer pour attirer l’attention sur elles, il se met à faire des « papouilles » aux fillettes avant de repartir « bredouille » vers son maître qui lance alors ses complices tueurs sur d’autres pistes. Les fillettes sont sauvées. On peut imaginer, dans l’atmosphère survoltée, la voix du maître aboyer des consignes à ses comparses. Car dans cette histoire, l’homme aboie et le chien parle dans la langue universelle de la caresse.

La Conférence des Chiens : la fable

Le narrateur est « celui dont le nom signifie Enfant ». Autrefois, il fut un bébé sauvé par des chiens en fuite, des chiens retournés à l’état sauvage pour éviter les ravages d’une guerre, où les hommes détruisent tout ce qu’ils ont eux-mêmes préalablement construit pour accueillir et abriter les enfants qu’ils mettent au monde et qui se trouvent à présent abandonnés.

C’est l’histoire d’un petit humain qui apprend les rudiments de son humanité dans la compagnie d’autres animaux rescapés de la domesticité ou du dressage et retournés, eux aussi, à l’état sauvage.
Un singe savant, farceur et poète, échappé d’un cirque, lui apprendra la marche verticale :

(Mon pied gauche est jaloux de mon pied droit
Quand l’un s’avance
L’autre veut le dépasser
Et moi, pauvre imbécile
Je marche)

Un éléphant centenaire, rescapé d’un zoo, l’initiera aux techniques de la mémoire.
Un ancien rat de laboratoire, un pigeon voyageur et d’autres animaux ayant vécu dans la compagnie des hommes, témoins et observateurs des manifestations de la raison et de la déraison humaine, seront partie prenante de cette initiation.
La conférence des chiens a lieu quand « Celui dont le nom signifie Enfant », devenu grand, est prêt à retourner dans le monde des hommes, d’où il s’était cru chassé, les temps étant enfin redevenus cléments. Mais comment pourrait-il traduire à ses congénères ce qu’il a appris dans la langue des animaux qui l’ont fait grandir humainement ? C’est la question qui motivera la conférence des Chiens, où seront conviés tous les initiateurs. La réponse viendra de L’Oiseau qui aura, pendant tout ce temps, veillé sur Enfant depuis les hauteurs de son vol, et qui proposera une dernière initiation : l’art universel de tracer les signes d’Écriture.
(Ici, nous convoquerons des mythes où l’on apprend comment certains animaux nous ont inspirés, grâce aux empreintes de leurs pas ou aux formes dessinées par leurs danses (penser aux abeilles), les rudiments de l’écriture.)

Didascalies générales

Imaginer que cette histoire nous est reconstituée, dans l’assemblée des humains, avec une abondance d’outils graphiques et de formes plastiques manipulés et mis en scène par « Celui dont le nom signifie Enfant »,
Kossi Efoui, juin 2013

Ou comment l’animalité interroge l’humanité ?
Pensé comme un conte philosophique qui fait confiance à l’enfance, ce parcours initiatique implique le jeune public en lui proposant un voyage sensoriel au travers de sons et d’images inouïes tout en permettant le rêve et l’éveil d’une grande attention autour des attributs du langage. Nous assistons à l’apparition d’une multitude de personnages allégoriques alors que la fable semble quant à elle se personnifier et vagabonder à travers les siècles pour parvenir jusqu’à nous et aiguiser notre regard sur ce qui nous environne. Dans les temps troubles que nous traversons, La Conférence des chiens agit comme un souffle revitalisant.
Équipe

Texte : Kossi Efoui
Mise en scène : Nicolas Saelens
Avec : Angeline Bouille, Ludovic Darras, Philippe Rodriguez-Jorda
Scénographe : Antoine Vasseur
Musique : Karine Dumont
Marionettes : Norbert Choquet
Costumes : Marie Ampe
Création lumière : Franck Besson
Régie générale : Vincent Lewandowski

Production

Production : Compagnie Théâtre Inutile
Coproduction : Le Safran scène conventionnée pluridisciplinaire et expérimentation, Amiens – Le Palace, Montataire – Maison des Arts et Loisirs, Laon
Partenariats : La Minoterie, Pôle Jeune Public à Dijon – Maison de la Culture d’Amiens – Abbaye royale de Saint-Riquier – Collège Arthur Rimbaud, Amiens – École Vincenzini, Amiens – Collège Anatole France de Montataire – Lycée Paul Claudel de Laon

Compagnie conventionnée avec l’État – DRAC Picardie, la Compagnie Théâtre Inutile est conventionnée avec le conseil régional de Picardie, Amiens Métropole, en partenariat avec la Maison de la Culture d’Amiens, centre européen de création et de production, et subventionnée par le conseil départemental de la Somme.

KSamka
Karinne Méraud Avril
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