Le laboratoire art et époque est piloté par La Compagnie Théâtre Inutile et Miguel Benasayag.

Séminaire – 3 février 2014

Présence à la table : Agnès, Miguel, Norbert, Karine.
Présence salle : Cinquantaine de personnes.

Introduction de Miguel : Démocratie et époque.Postulat : Les dirigeants font face à la complexité du monde et ne peuvent / veulent remettre en question la démocratie actuelle, car ces derniers sont persuadés que c’est la seule forme de pouvoir louable.

Exemple : Les questions environnementales. Les gouvernements ne sont pas prêts à « sacrifier » leurs économies pour remédier à la destruction de notre environnement. Car le contexte néolibéral avec l’omniprésence des marchés ne peut pas offrir d’autres alternatives, car cela serait une remise en cause dans sa totalité du système politique et financier propre au monde moderne.  De plus, les dirigeants ne croient pas en la compréhension du peuple qui ne comprend en rien la situation environnementale… (Des politiques de Droite comme de Gauche).

  • Rappel problématique :

Il existe des formes propres à notre époque. Il est important de porter un regard anthropologique sur les époques passées et actuelles. L’enjeu est d’appréhender ces manifestations actuelles et de cerner le socle commun de ces dernières. Retour sur ce qui nous traverser et qu’est-ce qui fait unité ?

«  La démocratie est possible si nous pouvons comprendre que l’accès à la compréhension soit promu ».

  • L’époque des Cathédrales :

Postulat : Les formes esthétiques donnent un rapport immédiat aux choses, c’est le côté démocratique de l’art. Dans le sens où toute personne peut percevoir dans les créations artistiques quelque chose qui fait résonner en lui une interrogation, un passé, un futur, etc.

Il s’agit donc de traiter à travers l’époque des cathédrales ces formes esthétiques propres à un temps et de les comprendre.  À travers l’art pictural, on comprend quels sont les mouvements / formes propres à une époque.

Exemple : Le Hip Hop est une forme contemporaine de danses propres à la société actuelle dans le sens ou c’est une forme d’artefact du vivant.

Intervention de Karine (Musicienne / compositrice) et Norbert (Plasticien).

Karine :

  • Postulat : Étude qui porte du Moyen-âge au XIXe, l’enjeu est d’observer les différentes formes d’art. Et comprendre pour qui s’adressent ces formes d’art, avec qui et pourquoi ?

Questionnements :

  • Est ce que la musique est à son propre service ?
  • Est-ce un langage ?
  • Un organisme à part ?
  • Un Organe ?
  • Qu’est-ce qui est beau ?
  • La musique à une double consonance : intellectuelle et sensible ? (hypothèse)

 La musique fait partie des quatre grands piliers du Moyen-âge. :

  • Arithmétie
  • Géométrie
  • Astronomie
  • Musique

La musique appartient au domaine du savoir dans le sens ou elle est fondée sur une logique de système et de structure propre à un moment et notamment à une époque.

  • Caractéristique de la musique au Moyen-âge :
  • La musique Monodide :

Chant grégorien propre au XIe, musique liturgique propre au monde religieux.  Ayant un style récitatif, mais aussi des compositions libres.

  • La Polyphonie :

Naissance des sons juxtaposés.

  • La Candie

Poème latin mis en musique à vocation satirique, pas proprement catholique.

  • Avènement des troubadours :

Début de l’art profane, exemple de la chanson de Rolland. Les troubadours marquent un tournant plus ou moins perceptible, mais un changement dans la musique et dans l’ère du temps, car ces derniers deviendront dans l’imaginaire collectif une référence à ces périodes historiques.

  • La Notation musicale :

Notation dite carrée et rythmique. Avec la notation, les instruments ou encore l’émergence du phonographe se posent la question du médium. Avec quoi compose t-on la musique ?

Remarque de Miguel à propos de Nietzche et l’émergence de la musique.

«  L’individu  ou l’artiste commence à se faire happer par ce qu’il fait société à un moment donné paradoxalement quelqu’un qui refuserait de se faire happer va être aliéné par l’époque ».   (Confère : La chute de Camus).

Norbert intervient sur la production de l’art sculptural et pictural.

  • Début de l’Art roman :

Projection de sculpture propre à l’art roman sur les façades de monuments religieux.

  • représentation surnaturelle
  • Art va devenir de plus en plus réaliste.
  • Plus de détails dans les sculptures et au IVe propre à la peinture.
  • Exemple des enluminures caractéristiques du style roman à travers les enluminures et façades de la Cathédrale de Strasbourg.
  • Autre exemple symptomatique de ce moment : Les Anges aux sourires de Reims.

Émergence dans la peinture des détails  notamment dans les bas reliefs de Pisano.  On perçoit de plus en plus de détails dans les vêtements, les ombres, l’émergence de la perspective à travers une profondeur qui devient de plus en plus marquée et réaliste.

Intervention Miguel :

«  Ce qui est constitué, la forme, correspond à la forme de la cité, qui correspond à la forme de l’univers ». Retour sur l’Analogisme de Miguel à propos de Descola.

«  Le mauvais gouvernement de la cité correspond aux aspects moroses de la cité et de l’univers, c’est un monde immuable, avec une circulation omniprésente ». D’ou l’importance selon Miguel du point de vue artistique qui représente et donne sens à cette circulation omniprésente.

  • Dès lors, qu’est-ce que les cathédrales ?
  • Qu’est ce que les musiques veulent dire ?
  • Est-ce des explorations pratiques ?
  • On a trop souvent l’idée que l’art (notamment sur les cathédrales) représente la société, dans la production de ces formes il existe une production de l’époque, pas forcément une volonté d’éduquer, mais plutôt une forme d’exploration du monde.

Question du public : peut-on dire que c’est comme les images publicitaires d’aujourd’hui ?

L’hypothèse sous-jacente est celle de la société ultra-libérale, qui produit comme forme propre à son époque des images publicitaires.

Karine à propos de la renaissance du XVe.

  • Renaissance :
  • Humanisation de la musique
  • Imiter le naturel
  • Traduire / transcrire des émotions, sentiments qui sont dans la nature.
  • Idée de la majesté avec les accords parfaits.
  • On assiste à la naissance du contrepoint avec une superposition des lignes musicales (Joslin Duprez)
  • C’est également le début des temps de « l’homme », début de l’indépendance envers Dieu.
  • Le compositeur devient une personne guidée par une force créatrice et non supérieure, exemple illustré avec Clément Janequin.

Intervention Miguel :

Le chant est dans une langue compréhensible, dès lors on assiste à une opposition du Vatican qui veut reprendre la main.

« L’homme en s’explorant n’oublie pas le lien avec Dieu, mais avec l’église ».

Intervention de Norbert sur le mouvement gothique :

  • Fin XIV : Mouvement gothique.
  • L’idée est de retrouver le grand Empire romain.
  • Émergence des carnets de croquis.
  • Début des portraits et autoportrait  (Mazzacio)
  • Naissance des règles mathématiques dans la perspective centrale et naissance du point de fuite.
  • Exemple de la peinture du lac Léman, qui est la première peinture qui représente un paysage réel avec une scène dans un décor, avec une scène biblique.
  • Émergence de la peinture à l’huile.
  • Exemple de Botticelli avec « Vénus » ou encore la « Joconde » de Léonard de Vinci.
  • On assiste de plus en plus de manière systématique à une mathématisation des croquis.

Avec Léonard de Vinci, on cherche l’idéalisation. La maitrise des tableaux devient parfaite, on le voit notamment avec l’exemple symptomatique de Raphael.

«  Il y a une certaine idée du corps musclé ».

On assiste au début du Maniérisme.

  • Rome et Florence :

Quoi de plus représentatif que l’émergence de l’art dans ces deux villes qui sont perçues comme les fleurons de la Renaissance.

  • Sculpture de Michel Ange.
  • Tout peut être représenté dans les corps après les découvertes en peinture de Michel Ange.
  • Moment crucial et important dans l’histoire : 1660 : Rupture avec l’univers qui devient mathématique. On va assister au début de la mathématisation de notre société.

 Intervention de Karine sur le Baroque :

  • Baroque : 1607 (Monte Verdi) et 1750 (Mort de Bach ).
  • La musique instrumentale développe ces propres morceaux et créations.
  • Émergence de l’opéra, musique et sentiment deviennent liés.
  • Émergence d’une forme d’intériorité notamment avec l’apparition du Concerto et du Soliste.  (Vivaldi)
  • La Mandoline devient une référence alors que ce fut longtemps l’objet des troubadours.
  • On commence à sentir l’éclat , la virtuosité devient maitre !
  • De plus, la mort devient de plus en plus mise en scène dans la musique.

Moment important qu’est la querelle des Bouffons de 1752, c’est une controverse parisienne qui oppose les défenseurs du roi, avec une musique « française » et les partisans de l’ouverture de la musique sur de nouvelles formes, cela défendu notamment par Rousseau.

 Intervention de Miguel à propos du Baroque

«  On passe du mathématisme du contenu au discret. Cela commence à devenir un monde savant, un mouvement étrange, on se défait du sacré et on se heurte à une difficulté des connaissances ».

A.K