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Fiche de lecture – « Comprendre la complexité – Introduction à la méthode d’Edgar Morin »

Comprendre la complexité
Introduction à La méthode d’Edgar Morin

Robin Fortin/Ed L’Harmatttan

NB : j’ai essayé de résumer car c’est difficile de synthétiser. Les derniers chapitres m’ont laissées dubitative, du coup je n’en dit pas grand-chose. Le livre se lit relativement facilement : il y a beaucoup d’exemples qui éclairent et que je n’ai pas repris ici. C’est une belle boîte à outils pour la réflexion, mais il faudra du chemin pour être capable de l’intégrer et de l’utiliser !

Introduction :

La science doit reconnaitre la complexité du réel : la multidimentionalité des choses, les articulations entre elles. Actuellement et depuis le 17ème siècle la science est réductionniste, simplificatrice, cloisonnée – elle s’appuie sur la disjonction société, culture/physique, biologie, sciences/philosophie, elle est ultra spécialisée du coup son accès est interdit aux non spécialistes ce qui crée la résignation à l’ignorance.

Le progrès de la connaissance scientifique porte en même temps le progrès de l’ignorance.

Il faut introduire la pensée complexe parce que le réel n’est réductible à aucune forme de rationalisation. Donc E. Morin écrit une méthode qui reconnait la complexité, fait les liens entre des connaissances disjointes, réarticule les sciences entre elles.

Pour sortir de la circularité (cercle vicieux) : il propose la récursion « toute relation ou processus dans lequel les éléments apparaissent en même temps comme produit et effet, producteur et cause l’un de l’autre ». (penser en boucle et en spirale).  Penser les choses conjointement et simultanément.

La récursion permet de révéler et d’affronter la complexité du réel.

Pour sortir du problème encyclopédique, E.Morin met le savoir en cercle actif, l’articule de manière circulaire  ce qui fondamentalement disjoint et devrait être fondamentalement joint (les points stratégiques, les connaissances cruciales, les articulations organisationnelles). Il y a la nécessité de l’organisation dans la logique récursive.

Pour surmonter l’obstacle du paradigme* de la simplification (*principes fondamentaux qui commande les visions du monde). Il faut construire un paradigme de la complexité pour remplacer celui de la simplification, donc réorganiser le système mental.

La complexité = tout ce qui nous entoure des étoiles à l’homme est toujours multidimensionnel, enchevêtré, diversifié – tissé ensemble.

1.     Ordre et désordre, système et organisation
L’ordre et le désordre sont inséparables. La vie nait du désordre. Le désordre perturbe l’ordre invariant et permet l’évolution, ce qui passe nécessairement par la perte. L’évolution sert et défie l’ordre. Le désordre est à la fois potentiel de vie et potentiel de mort. Il y a une récursivité ordre-désordre. Le désordre n’est pas seulement un principe actif mais aussi un principe producteur d’ordre et d’organisation. Il est constitutif de tous les phénomènes organisés. L’ordre et le désordre sont relatifs l’un à l’autre. Ça suppose toujours les idées d’interaction et d’organisation. Interaction = plaque tournante qui fiat communiquer entre eux ordre-désordre-organisation.

L’organisation vient consolider l’ordre, c’est une stabilité face au désordre, qui permet aussi la vie, et c’est de la souplesse pour pouvoir se complexifier.

Système et irréductibilité :

Le tout n’est pas réductible à ses parties parce qu’il comporte des qualités émergentes. Le tout est moins que la somme de ses parties : parce que le système impose une contrainte à la partie, et donc la limite.

Le tout est aussi + que la somme de ses parties. Le tout est + que le tout.

Ce n’est pas une unité globale (globalisante) mais une dynamique organisationnelle qui rétro-agit sur les parties en les contrôlant en retour.

Le + c’est la rétro-action qui agit comme surdétermination du tout sur les parties.

Le tout est – que le tout : les parties sont + que les parties parce qu’il y a des micro-émergences au niveau des parties.

Le tout est conflictuel. Les antagonismes sont constitutifs de tout système. Tout système produit de l’antagonisme en même temps que de la complémentarité.

« La vraie totalité est toujours fêlée »

Système et complexité :

Le système est une unité globale où les parties produisent un tout lequel rétroagissant sur les parties, les produit en retour.

Ce n’est pas une théorie mais un principe méthodologique, un outil conceptuel.

2.     Au-delà du système, l’organisation
Le système est une unité globale organisée d’interrelations entre éléments actions et individus. L’organisation est l’agencement de relations entre composants ou individus qui produit une unité complexe en système.

Le système renvoie au tout et l’organisation aux parties.

Organisation

Système

L’organisation produit des actions qui produisent de l’organisation.

L’organisation est + riche, souple et complexe que l’ordre mais elle est liée à l’ordre.

Les organisations sont à la fois ouvertes et fermées. 1 système absolument clos ou absolument ouvert ne peut pas exister. L’environnement (l’ouverture) est constitutif de tous les systèmes actifs. Eco-dépendant.

La causalité complexe :

En science classique la causalité est linéaire et extérieure aux objets. Les mêmes causes dans les mêmes conditions créent les mêmes effets. L’effet obéit à la cause.

La causalité rétroactive : les organisations actives réagissent à la causalité extérieure de façon dynamique, par rétro-action. On la retrouve partout où il y a possibilité de régulation. La rétro-action n’annule pas la cause mais en annule l’effet normal. La causalité rétroactive fait émerger une causalité intérieure. Les 2 causalités (endo et exo) agissent en relation complexe (complémentaires et antagonistes).

L’endocausalité renvoie à l’autonomie de l’organisation active, l’exocausalité renvoie au déterminisme et aux aléas.

Les mêmes causes n’entrainent pas toujours les mêmes effets, certaines causes entrainent des effets contraires, des causes différentes peuvent entrainer les mêmes effets …

3.     Etre, existence et autonomie
L’être vivant est le processus global qui est à la fois produit et producteur de ces processus particuliers. Idem pour les sociétés.

L’idée de récursion = autonomie.

Etre = un état stationnaire qui se régénère en permanence. Il crée une stabilité à partir d’une instabilité.

L’être émerge dans le bouclage récursif production de soi-réorganisation permanente. Qui en retour entretient sa stabilité.

Donc l’être est une notion organisationnelle.

L’existence = ouverture et dépendance (à l’environnement) ce qui implique une autonomie.

Le soi : se produire soi-même. L’organisation a toujours besoin de son environnement dans lequel elle puise la matière pour son autonomie. Donc l’autonomie n’est possible que dans la dépendance.

4.     L’organisation des idées ou Noologie
Il y a une existence et une réalité objective des idées. Il y a une vie, une organsiation, une auonomie des idées qui naissent dans leur environnement : nos esprits.

Noologie = l’étude de la vie des idées. Elles s’aliment de l’ordre et des désordres de l’esprit.

La complexité du réel

complexité de la pensée
5.     Sujet, objet et épistémologie
Connaissance de la connaissance, cf le shéma p. 155
Et la nécessité de l’incertitude.

La connaissance est toujours inachevée, c’est en cela que science et philosophie ne peuvent pas être séparées.

6.     Réflexion sur la méthode
Il reprend le processus et les problèmes que E. Morin a dû résoudre pour arriver à la méthode et il défend ce travail face à ses détracteur qui disent que ce n’est que de la copie.

Conclusion : longue vie à La méthode d’E. Morin.