Le Cheval Bleu

L’Utopie de l’homme digitalisé

Le Cheval Bleu propose de créer des espaces de recherche et de pensée partagée, pour interroger les transformations profondes opérées par l’imprégnation croissante du numérique dans notre quotidien.

Interroger la norme et l’époque

Le Cheval bleu propose des outils artistiques et théoriques afin de créer une réflexion partagée sur la place du vivant dans une époque marquée par l’utopie de l’homme digitalisé.
À travers internet, les réseaux sociaux, les téléphones portables ou les GPS, une nouvelle normalisation est à l’oeuvre. Comment les nouvelles technologies, par leur diffusion massive, opèrent une aliénation sur les utilisateurs, et créent de nouvelles formes d’exclusions ?

Ces nouvelles technologies n’impliquent-elles pas l’apparition de l’homme prévisible, réduit à son profil ? Quelle est la place du vivant dans la co-évolution de l’homme et la machine ? Dans cette hybridation homme/machine, quelle définition de l’homme ?

En 1974, un immense cheval bleu en carton pâte, Marco Cavallo, sort de l’hôpital psychiatrique de Trieste, traverse les rues, suivi en procession par tous les malades mentaux qui se réappropriaient ainsi symboliquement l’espace public. Ce Cheval bleu, né du courant de l’antipsychiatrie, questionnait de manière utopique et ludique l’institution psychiatrique en Italie.

Aujourd’hui la Compagnie Théâtre Inutile et Miguel Benasayag s’approprient cet outil, ce cheval qui venait questionner les traitements infligés par les « normaux » aux personnes qualifiées d’ « anormales ». L’enjeu est de poser les problématiques de notre époque.

Comme Marco Cavallo, notre Cheval bleu évolue, d’égalité d’esprit à esprit, en articulation avec différents publics de manière itinérante sur un territoire.

Une expérimentation partagée

La manipulation du vivant est une réalité et les nouvelles technologies nous incitent à penser l’homme en augmentation, l’homme digitalisé.

L’enjeu pour nous est de créer des espaces de recherche et de pensée partagée, pour interroger ces transformations profondes avec des collégiens, des lycéens et plus largement des jeunes.

Afin d’appréhender les liens entre les mutations technologiques de notre époque et le processus de création, la Compagnie Théâtre Inutile propose de travailler ces problématiques autour de différents ateliers artistiques en lien avec les équipes pédagogiques et les élèves.

Une expérimentation artistique à travers différents modules

– Jeu et interprétation :
Jouer avec les différentes techniques de marionnettes contemporaines. Questionner notre rapport à la marionnette comme objet inanimé et les enjeux de sa mise en mouvement. Chercher à interpréter des émotions à travers marionnettes, objets, matières… qui nous aideront à lire et délier les archétypes qui nous constituent.

– Création sonore :
La question du vivant dans notre époque technologique, si on la pose dans le domaine du sonore, peut trouver des éléments de réponse au travers de la voix humaine. Quelles sont les différences entre la voix humaine et la voix robotique ? Cette voix qui parle, qui exprime, qui « communique » est aujourd’hui modélisée. On pense à Siri, la voix artificielle d’Apple, ou à différents chat-bots.

– Image et matière :
Étudier, analyser et jouer avec des images produites par deux processus, l’un physique, l’autre numérique pour aller chercher « ce qui fait corps », ce qui est organique. Des images seront produites par des manipulations de matière (terre glaise, eau, pigments), des images seront également produites par des algorithmes. Depuis les début de l’informatique et de l’image numérique, les scientifiques ont cherché à modéliser la beauté et la complexité de la nature.

– Corps costume :
Le costume nous parle de l’humain, de l’époque, du politique. Le costume, à travers sa matière, sa forme, sa couleur, participe à construire notre rapport au corps et au monde. Et les mutations technologiques de notre époque, au plus près du corps, viennent bouleverser la façon de se vêtir et de penser la parure. Du vêtement connecté, en passant par les prothèses et jusqu’aux parures digitalisées, les fonctions du costume se transforment.

Les travaux réalisés dans chaque atelier sont ensuite rassemblés et s’entrecroisent les uns avec les autres pour créer une forme artistique. C’est dans une égalité d’esprit à esprit que Le Cheval Bleu se construit avec les participants, les encadrants et les artistes pour la production d’une œuvre commune.

Le Cheval bleu est un atelier de fabrication de formes artistiques à destination de différents publics, issu du Laboratoire art et époque, et élaboré pour partager les hypothèses du laboratoire et les questions de la prochaine création  de la Compagnie Théâtre Inutile  : Nobody no body ou l’homme sans ombre (titre provisoire).