Le laboratoire art et époque est piloté par La Compagnie Théâtre Inutile et Miguel Benasayag.

Réunion entre-deux – 18 Novembre 2013

15 participants

Rappel du contexte de la réunion, qui est un lieu d’appropriation de la pensée de Miguel Benasayag, entendue pendant le séminaire.

On se questionne sur le fait d’analyser l’époque avec un autre regard, en déplaçant le point de vue.
Certains ont l’impression de changer d’époque tous les 5 ans.
 Quant à d’autres, la réflexion sur le fait de réintroduire la nature dans la vie des êtres humains et de prendre conscience que toutes les ressources naturelles sont épuisables. Ex : gaz de schiste

Nous avons alors abordé la période anthropocène qui sera abordée lors des prochains séminaires. Les êtres humains sont en co-évolution avec la nature et non en séparation comme ça l’était jusqu’à maintenant.

Beaucoup de questionnements ont émergé :
Comment penser le monde et comment sort-on de cette crise ? Va-t-on inventer autre chose ?
Comment aller au-delà du sentiment d’impuissance ?

Puisque la pensée occidentale est dépassée ou s’effondre-t elle ou allons-nous vers autre chose ? Nous sommes dans une crise de l’éthique, par rapport à l’argent et les sciences. Qui représente cette éthique, par quels vecteurs ?

Comment se déplace-on dans nos consciences pour sortir du sentiment d’impuissance et de culpabilité ?
Où se trouve les puissances de vie en nous ? ex : la puissance poétique
Les machines peuvent-elles entrer dans la logique du vivant ? L’humanité n’est elle pas un artifice ?

La conscience se rétrécie, on perd l’humanité. On repère un besoin du collectif, d’une recherche de la nécessité. Comment se servir de tout ce qu’on a pour aller plus loin ? Comment accompagne-t-on sans être dans le dépit ?

Question sur la dimension du sacrificiel, suite à la lecture d’un extrait du texte de Jean-Michel Besnier (cf ci-dessous)

Dans Demain les post-humains de Jean-Michel Besnier

Dans ce chapitre, l’auteur introduit la « fatigue d’être soi » puis écrit ce qui suit.

Alvin Toffler, sociologue écrivait en 1970 dans Le choc du futur, que la société allait imposer de plus en plus de mobilité et de flexibilité, du précaire et de l’hyper-choix, c’est-à-dire l’obligation d’avoir continuellement à décider et anticiper sa trajectoire. La fatigue qui devrait en résulter selon lui conduit inévitablement à la dépression qui nous habite aujourd’hui. Celle-ci se manifeste de multiples façons, non seulement par de la tristesse mais aussi par de l’hyper-activité, par le souci de la performance individuelle – sans états d’âme, sans mentalisation puisqu’on expulse en ce cas l’intériorité. (… cf aussi Alain Erhenberg)(…). Rien de plus bénéfique pour des êtres devenus insupportables à eux-mêmes que l’investissement dans les technologies de l’information et de communication qui encourage à l’abstraction et à la désubstantialisation des individus. (…)

Lorsqu’on relit les cris d’alarme lancés il y a plus de trente ans par Jacques Ellul, observateur de la montée en puissance de l’ordinateur dans la société on mesure à la fois sa clairvoyance et sa naïveté : « l’ordinateur est un énigme, non pas en ce qui concerne sa fabrication ni son emploi mais il apparait que l’homme est incapable de prévoir quoi que ce soit au sujet de l’influence de l’ordinateur sur la société et sur l’homme » (…) l’ordinateur rendra bientôt la pensée de l’homme inutile. L’informatique a accompli l’extériorisation des capacités de l’homme (…) et elle lui dicte désormais des comportements pour mieux assumer son développement. Ray Kurzweil dit «  ce ne sont pas les ordinateurs qui sont sur le point de prendre le pouvoir sur les hommes, mais les humains qui sont de plus en plus enclins à devenir comme des machines pensantes. Belle manière de se retrouver déchargé de soi.